Mauvais management, et si c’était l’effet de halo ?

Hier, vous étiez vu comme le meilleur des managers, et aujourd’hui l’on vous accuse d’être à l’origine des mauvais résultats de l’entreprise ? Et s’il s’agissait en fait de l’effet de halo. 

Une théorie mise en évidence par le psychologue américain Edward Thorndike, en 1920, et largement confirmée depuis dans le domaine de la psychologie sociale.

Qu’est-ce que l’effet de halo ? 

Prenez un groupe de jeunes gens. Au premier rang, se trouve la première de la classe, avec ses lunettes bien ajustées et le bras prêt à se lever pour crier la bonne réponse. Au fond, est assis un exubérant, accoudé au radiateur, téléphone portable à la main, en pleine conversation footballistique avec ses voisins. 

Vous demandez au professeur de cette classe, au chef de service de cette équipe, ou à l’officier commandant cette section, de les noter sur différents critères. La seule perception qu’il a de la blonde à lunettes et de l’individu dissipé du fond, va lourdement influencer sa notation.

Ce manager trouvera la première excellente dans tous les domaines, quand le second sera un incompétent notoire. Dans cet exemple, le cliché est très prononcé, car l’effet de halo se manifeste même pour : 

  • La beauté, 
  • La loyauté, 
  • L’âge de la personne jugée, 
  • Etc. 

Le souci, c’est que l’effet de Halo est également vrai dans le monde de l’entreprise, pour vous, pour moi, pour tout le monde. 

Existe-t-il un mauvais management ? 

Non, intrinsèquement, il n’existe pas de mauvais management, mais un management inadapté à une situation donnée. Le rôle du manager est de trouver la bonne formule par rapport aux réalités qui sont les siennes : 

  • Caractères des membres de l’équipe, 
  • Pressions extérieures (concurrence, clients, etc.), 
  • Obligations de résultat, 
  • Etc. 

Si vous n’y croyez pas, regardez seulement à quel point le management d’Elon Musk et celui de Sundararajan Pichai sont aux antipodes. L’un a montré son intransigeance envers ses salariés dans le feuilleton Twitter, quand l’autre propose des sièges massants aux salariés de Google. 

Une entreprise n’est jugée à l’aune que d’un seul critère : la performance. Si vous étiez adulé hier, c’est que votre entreprise était performante. Si l’on parle de mauvais management pour caractériser votre travail, c’est sûrement que votre entreprise performe moins qu’avant. 

Les entreprises au coeur du halo 

Des professeurs aux journalistes, en passant par les actionnaires, chacun voit l’entreprise à succès comme la somme de bonnes pratiques : 

  • Stratégie parfaite, 
  • Culture d’entreprise forte, 
  • Clients respectés et écoutés, 
  • Management brillant. 

Dès lors que les résultats financiers ne sont plus au rendez-vous, le vent tourne. La perception change radicalement. Toutes les caractéristiques, qui avant faisaient l’apanage de l’entreprise, sont remises en question. 

Cette vision de l’entreprise n’est pas qu’extérieure à sa structure. Même les employés sont sujets à l’effet de halo. Lorsque la société performe, ils analysent leur environnement comme ayant plus de : 

  • Cohésion, 
  • Communication, 
  • Ouverture d’esprit, 
  • Motivation. 

L’exact inverse s’applique lorsque les résultats de l’entreprise sont mauvais. Par conséquent, peut-on dire qu’il existe un mauvais management, ou est-ce plus simplement une perception influencée par de mauvais résultats aux causes multifactorielles ? 

A lire : Se manager soi-même, lequel des 6 principes de Peter vous manque-t-il ?


Cyril Schwastiak

Cyril Schwastiak

Contact me now, rank tomorrow


Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *